1899-2009 / Hommage à Victor, Marius et Henri


La date précise est incertaine. Mais le fait est là : il y a 110 ans, un beau jour de 1899, mon arrière-grand père, Victor BENOIT, s’installe comme horloger rue Emile Zola, appelée alors rue Saint Dominique, à LYON.

Il exerce son art en y ajoutant sa sélection d’objets. Déjà, l’esprit de la maison est là, même si le lieu ne dépasse pas les 30m² (regardez cette photo et ce détail sur la vitrine  » Chromètres LIP », n’est-ce pas extraordinaire de constater que la marque est toujours diffusée chez nous en boutique comme sur notre site internet ?!! )

Son gendre, Marius GUYOT, mon grand-père, reprend l’affaire en 1926. Orfèvre de métier, il la développe avec les arts de la table, la lustrerie… Le magasin s’agrandit en 1932 et BENOIT-GUYOT apparait en façade. Le lieu devient « huppé » avec de grandes marques comme Daum ou Baccarat.

Mon père Henri GUYOT arrive en 1958. Lui aussi est orfèvre. Il insufflera à l’enseigne un souffle magique : il en fait un lieu de variété et d’originalité en proposant des objets de tous horizons, soigneusement sélectionnés. Par ses dons de découvreur il attire des clients venus de loin pour en faire la Mecque du cadeau. Mais pas seulement : objets d’art, pièce uniques, artisanat de pays lointains, mobilier, tout un univers de découvertes inattendues s’offre à celui qui pousse la porte de la boutique. Pour les fournisseurs , être chez BENOIT-GUYOT devient alors une référence. La boutique s’agrandit de nouveau (1961 puis 1972) et mêle déjà l’ancien et le contemporain.

C’est la folie du gadget chic… Et du design avant l’heure : Isamu Noguchi, Danese, Brionvega, le tabouret Tam-Tam d’henri Massonnet… ou d’autres noms célèbres aujourd’hui disparus. Les années 70 et 80 constituent l’age d’or… Avant mon arrivée, en 1993.  C’est la veillée d’armes avant la grande bataille : les grands magasins et les chaines vont bientôt s’interresser à la déco… Mais ce n’est rien quand on constate, en 2009, ce qu’est devenu le commerce avec l’Internet.  Sans oublier que gérer un entreprise aujourd’hui ne laisse plus beaucoup de temps au « selectionneur d’objets » que je dois être. Du coup les semaines font plutôt 70 heures que 35 (c’est ça le progrès social : le sacrifice des patrons pour leur entreprise et les emplois qui s’y rattachent, on oublie trop souvent de le dire)…

En tout cas quelle difficulté d’être à la hauteur du prédécesseur !  Innover sans donner l’impression de radoter, tel est le challenge en cette époque où la créativité dans l’objet est moindre et le culte du passé si fort !